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Dans ma chair

 J’ai grandi entourée d’hibiscus et d’ylang-ylang. Je m’enivrais des odeurs les plus suaves, et me rêvais déjà parfumeuse ou mannequin chez Courrèges, comme ma tante « Turquoise » : cette belle femme qui nous rendait visite dans son auto turquoise, drapée d’une mousseline assortie.

On est au début des années 60, la Guinée vient de basculer dans la dictature communiste. Mais nous, les enfants, nous vivons dans une bulle merveilleuse.

 

Ma mère, une intellectuelle formée en France, sait détourner notre attention des atrocités du régime. Malgré l’endoctrinement, les délations, les pendaisons publiques, j’ai le cœur léger. Mais cette parenthèse dorée va se noircir en quelques secondes. Sous une lame.

 

J’avais 9 ans, nous vivions à Conakry, la vie était belle. Un jour, maman m’a dit qu’on allait au cinéma. Et je me suis retrouvée victime d’un film d’horreur. Un traumatisme inouï, dont je n’avais jamais réussi à parler, avant de rencontrer l’amour et d’écrire « Dans ma chair », (éd. Michel Lafon).

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